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un espace d'échange,
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à la cause sonore,
dans le cas présent.
Ami bon entendant
n'hésite donc pas,
commentaires,
remarques techniques,
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adresses à faire passer,
projets à faire connaître,
et tous ce qui peut alimenter
des ressources sonores
seront les bienvenus.
Je reste
toute ouïe.



TOUS LES POINTS D'OUIE

Il y a à ce jour  226 articles,
"AUX PUCES SONORES" 
 
Environ des miliiers de sons
tous azimut.
n'hésitez pas à fouillez dans ce site fouillis,
et à ouïr au hazard des navigations,
des clics sauvages ou des coups de coeur...
DEs COUPS D'OREILLE




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Suite sonore

CHRONIQUE SONORE MATUDINALE

IL est cinq heures.
L'heure du sonore doux,
que l'urbanité
n'a pas encore bousculé.
Mais déjà,
les premiers souffles de sons s'installent,
en fins rubans discrets,
feutrés.
Les premiers forains
du marché
à portée d'ouïe
s'apprètent
à prendre le premier café
dans un léger tintinabulement de tasses
et de couverts,
salut à mi-voix,
encore ensomeillées.
Les oiseaux aussi,
éveillés de frais
commencent
timidement
à développer
leurs premières mais déjà véloces
trilles aériennes,
courantes d'arbres en arbres.
Les grilles du métro
se sont levées
dans un roulis métallique,
suivies de celles
du tabac-journeaux,
un peu plus virulantes.
Des moteurs attardés,
ou tôt levés,
ou pas encore couchés,
ponctuent l'espace,
sans violence.
Six heures approchent,
les entrechocs
des étals montés
se précisent,
se densifient,
les conversations
s'enhardissent,
la rue sonore
reprend
peu à peu
ses droits,
les livreurs s'activent
portes battantes
 et charriots grinçants,
les oiseaux vont crescendo
les moteurs aussi.
Bientôt les premiers crieurs,
forains harrangueurs
donneront de la voix
affirmant leur territoire de chalandise.
Le vent
automnale
siffle dans les branches
fait claquer
les toiles du marché
traine
dans des raclements discrets,
mais incessants,
les feuilles des platanes.
Les sons sont encore nets,
ciselés,
mais bientôt,
l'oreille s'y perdra,
la ville s'embruitera,
sans pour autant
perdre son charme auriculaire.
Tendez l'oreille,
la belle écoute se mérite...


LES CLOISONS SONORES

Que de sons
que de gens
que d'écoutes.
Des acousticiens mesurent
sans repos
les moindres recoins
des vibrations cachées.
Des linguistes comparent
sans relache
les méandres de la langue,
oralité comprise.
Des physiciens
acharnés
scrutent les étoiles
à l'écoute des infimes molécules  sonores
des micros phénomènes radioélectriques,
des orages magnétiques...
Des artistes fabriquent
au fil du temps
de nouveaux arts sonores
de nouvelles installations
des radios inventives
des brassages de médias...
Des techniciens chercheurs améliorent
de jour en jour
des systèmes d'écoute
ou de retransmission
pour l'oreille.
Mais chacun sa chapelle,
chacun dans son pré
et les vaches seront bien gardées
Mais chacun dans sa tour
d'y voir
que ses sons.
CESSONS !



ECOUTE, ECOUTES

Ecoute l'autre,
Ne t'écoute pas trop,
écoute la mer,
écoute la voix de la sagesse,
n'écoute que ton courage,
mais celui des autres aussi,
écoute dans le vent,
écoute le temps qu'il fait,
écoute moi,
n'écoute pas que moi,
écoute la ville,
écoute la campagne,
écoute les anciens,
mais écoute aussi les jeunes,
écoute les histoires,
méfie toi parfois des histoires,
écoute le silence,
si tant est qu'il existât;
écoute les rumeurs,
en les prenant comme telles,
écoute les bruits,
mais ne pense pas qu'en bruits...
Ecoute,
écoute,
écoute,
écoute,
écoute encore,
écoute sans cesse.


LAISSONS LES SONS


Laissons les sons nous interpeller.
Pour ne pas sans recul,
 tout mettre inconsidéremment,
dans le même panier auditif,
pour trier raisonnablement
le bon son de l'ivraie,
pour expliciter les enjeux bioacoustiques,
aux oreilles trop candides.
Aux oreilles qui ne différencient pas,
sans culture sonore a minima
le son qui nous informe,
de celui qui nous désinforme,
en entretenant le brouhaha,
en générant insidieusement
du fond sonore engluant notre écoute.
A contrario de celui qui,
émergeant de la masse,
ponctue le paysage
de parcelles d'identité sonore
qu'il nous faudra déchiffrer,
qu'il nous faudra protéger,
qu'il nous faudra valoriser,
pour éviter l'uniformité magmatique
et les zones de non droit auriculaire.







Texte Libre

BLOG A PART...
POUR UNE OUIE POUR UN NON...


AIMEZ-VOUS LES SONS,
LES MOTS,
LES HISTOIRES
SI OUI
SI OUÏE,
TENDEZ L'OREILLE,



JOUEZ DU CLIC, (des osselets)

DANS LA CAVERNE DE SONI-SONA


LES "AUX PUCES" SONORES


JEUX DE L'OUIE...


A BON ENTENDEUR, SALUT !





DERNIERE SONNATION !!!

PUSH PLEASE

ET ENTREZ !!!


Nous sommes

page counter

paires d'yeux et autant d'oreilles à déambuler sur ce site





Mercredi 14 mars 2007 3 14 /03 /Mars /2007 14:38
PETITE ET GRANDE HISTOIRE DU SON
 PAR SES PROPRES ACTEURS











CLIQUEZ ECOUTEZ LA VOIX De Thomas Edison


Nous n'écouterons pas ici
que des forts en gueule,
stentors patentés,
criards impénitents,
et autres tonitruants bavards,
mais quelques paroles,
témoignages sonores
de grands hommes du son.






CLIQUEZ ECOUTEZ LA VOIX De John Cage


Grands hommes qui,
par expériences bravaches,
par curiosité débridée,
par amarres sciemment rompues,
ont écrit dans la cire,
ou en prose numérisée,
une parcelle écoutable,
de l'histoire du son.





CLIQUEZ ECOUTEZ LA VOIX De Luc Ferrari, compositeur atypique du paysage sonore



Car l'histoire du son
est encore bien fraîche
les traces fixées, conservées, archivées,
ne sont pas très anciennes,
Mary had a litte lambs,
ne se figea dans  la cire
par la main et la voix de thomas Edison
qu'en l'an 1877. Oyez !





CLIQUEZ ECOUTEZ LA VOIX De Yann Parentohën, Tailleur de sons créateur radiophonique


Cros l'avait imaginé,
Edison l'a réalisé
double et parfois douloureuse paternité,
qui fit que le son
sortit de sa préhistoire
pour entrer dans son l'histoire.





CLIQUEZ ECOUTEZ LA VOIX De Pierre Schaeffer, inventeur de la musique concrète


Histoire récente,
comparée à l'image fixée
sur des parois de grottes,
mais pour autant très riche
de techniques fulgurantes
d'émotions musicales sauvegardées,
de créations radiophoniques
naviguant miraculeusement dans les airs,
d'objets sonores théorisés,
de mises en espace démultipliées,
d'écoutes des étoiles,
d'installations plastico-sonores,
de décryptage de tremblements de terre,
de paysages sonores réinventés,
de moteurs thermoacoustiques,
de la poésie intrinsèque des sons...




CLIQUEZ ECOUTEZ LA VOIX De Muray Schafer, théoricien ert compositeur du Soundsape



Ecoutons la voix de quelques uns de ceux
qui ont pensé et pratiqué,
théorisé et bidouillé,
démonté et structuré,
le son et ses histoires,
le son et son histoire,,
géniaux architectes,
 façonneurs d'écoute.




CLIQUEZ ECOUTEZ, Des machines bruitistes de Luigi Russolo, écrivain de "L'art des bruits"



Après eux, rien ne fut comme avant,
et l'oreille s'enhardit






CLIQUEZ ECOUTEZ LA VOIX De Bernard Heidsick, L'un des père de la poésie sonore



Pour en savoir plus (Une fois n'est pas coutume)

Thomas Edison

John Cage

Luc Ferrari

Yann Parenthoën

Pierre Shaeffer

Murray Shaefer

Luiggi Russolo

Bernard Heidsick

Bob Moog




CLIQUEZ ECOUTEZ REGARDEZ Bob Moog, un précurseur du synthétiseur analogique







Par gilles MALATRAY - Publié dans : sonoriscausa
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Jeudi 8 mars 2007 4 08 /03 /Mars /2007 22:01
LES INSECTES, PETITS CERTES MAIS...
OH COMBIEN SONORES !!!












CLIQUEZ ECOUTEZ, des insectes aquatiques (enregistrement subaquatique de Yannick Dauby)



Myriades d'êtres,
du plus microscopiques,
aux petits monstres imposants,
des ailés virtuoses
en cabrioles aériennes,
aux mille-pattes rampants,
tout un monde frémissant,
d'insectes de tous poils.


CLIQUEZ ECOUTEZ Un crépuscule à Taipei





De la fascination voltigeante
à la répulsion grouillante
de l'énervement bourdonnante
à l'admiration virvoltante et colorée
de la peur dardante,
de la surprise cuirassée
monstruosité antédiluvienne
à l'étonnement complexe,
les insectes protéiformes,
nous proposent facécieusement
d'étranges et inombrables rencontres .


CLIQUEZ ECOUTEZ, leTosena albata





CLIQUEZ ECOUTEZ, Une cigale vietnamienne



Avoir la puce à l'oreille
ou bien le bourdon,
prendre la mouche
ou tirer les vers du nez
faire un travail de fourmis,
ou les avoir dans les jambes,
une araignée dans la tête,
être une fine mouche,
avoir une taille de guêpe,
quelle mouche nous a piqué ?
l'expression fait
anthropomorphiquement mouche.


CLIQUEZ ECOUTEZ, Des chants d'insectes tropicaux





CLIQUEZ ECOUTEZ, l'étrange cri du Macrosemia tonkiniana


Et du côté des sons
le panel n'est pas mince;
stridulations
bourdonnements,
cris,
sifflements,
chants,
tambourinements,
cymbalisations
vrombissements,
craquettements
grésillements...
Du plus ténu
au plus obsédant
les insectes tissent inlassablement
une symphonie de dentelles sonores
qui habille de bruissements les paysages,
noyés dans des halos sonores pointillistes,
ou dans d'interminables nappes chuintantes
cristalisant les espaces de torpeurs estivales,
et les forêts humides d'entrelacs prolifiques



CLIQUEZ ECOUTEZ, Le surprenant Pomponia linearis






CLIQUEZ ECOUTEZ, Des chants de grillons

















Par gilles MALATRAY - Publié dans : sonoriscausa
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Mardi 6 mars 2007 2 06 /03 /Mars /2007 16:54
QUE DE BRUITS, QUE DE BRUITS !!!











CLIQUEZ ECOUTEZ, Les sirènes de Berlin


Lamentations d'un martyr du bruit

«"L'enfer,
c'est les autres", écrivait Jean-Paul Sartre dans sa pièce
Huis clos. Permettez-moi d'ajouter : "L'enfer, c'est le bruit des autres". On oublie souvent que Sartre triche avec la réalité sensorielle dans cette pièce. Inès, Estelle et Garcin, ces trois nouvelles recrues de l'enfer condamnées à vivre pour l'éternité dans un salon Second Empire, n'ont pas de paupières et subissent un jour perpétuel. Heureusement, dans la vraie vie, nous pouvons fermer les yeux sur le Laid, l'Atroce et l'Embarrassant et accorder à notre vue une nuit de repos. L'odorat, le toucher et le goût ne sont pas dépourvus de défense non plus. Quand surgit une pestilence, on se bouche le nez; par pur réflexe, nos mains se dérobent au froid et au chaud extrêmes, et nous portons à la bouche ce que nous voulons bien manger. Mais l'ouïe, le plus vulnérable des sens, n'a guère de paupière pour monter la garde et échappe avec peine aux assauts du bruit. Comme défense ultime, on peut se boucher les oreilles, mais c'est là une arme peu commode, en particulier si l'on soupe avec des amis ou tient la main de sa bien-aimée.

On ne dira jamais assez la souffrance, le désarroi et la rancoeur causés par le bruit. Pourtant, le bruit est bien l'une des dernières calamités que l'on essaie d'enrayer, et les souffre-douleur du bruit passent pour des faiblards et des geignards incapables de faire face à la musique du monde moderne. Mais le vacarme assourdissant des autoroutes et des boulevards, le vrombissement turboréacté des avions, le tapage lancinant des boîtes de nuits et des bars, l'assommoir journalier du métro, le viol de l'intimité par la télévision et le système de son du voisin, le saccage du silence perpétré par des motocyclettes réveillant une ville endormie à trois heures du matin comptent parmi les plaies de la vie moderne qui empoisonnent l'existence à petite dose, vous déboussolent et vous assaillent sans rémission jusqu'à ce que de guerre lasse, vous cédiez à leur emprise funeste. Non, le bruit est un mal si géant, si monstrueux que se taire à son sujet est s'en rendre complice. Il introduit la chicane dans les ménages, stresse le travailleur, dépassionne les amants, énerve l'enfant, étourdit l'adolescent et accable le vieillard. Il écourte le sommeil, parasite les bons moments de la vie, déconcentre l'étudiant et le créateur. Le bruit agit comme cette ancienne torture chinoise qui consiste à arracher à la victime cent bouchées de chair. Il siphonne, par petites succions mortifères, votre sève intérieure, jusqu'au total écervellement. Le bruit, comme la cigarette, abrège les jours.

Notre siècle en a été témoin, chaque progrès technique s'accompagne d'un bruit nouveau. Notre amour du progrès nous a fait admettre le train, la voiture et l'avion, grands bailleurs de bruit qui ont pénétré nos villes et les soumettent à un siège sans répit. À ces bruits colossaux, le progrès technique a ajouté des bruits insidieux, qui se sont insinués dans les maisons : le roulement de la sécheuse, le gargouillement du lave-linge et du lave-vaisselle, le ronronnement du réfrigérateur, le grondement du micro-ondes, les voix et la musique vociférées par la télévision et les haut-parleurs. C'est la vocifération du monde. Pourvoyeuse de bruit, la technique se met aussi à son service et voit à l'amplifier. Nous sommes béats d'admiration devant les merveilles techniques produites par les ingénieurs du son, synthétiseurs, amplificateurs, hauts parleurs de grande puissance, toutes machines qui exaltent le son pur de studio et font la joie de décibelomanes.

Le cloaque sonore des villes

Même si nous disposons de machines sophistiquées pour reproduire et amplifier le son, nous vivons essentiellement dans une civilisation visuelle, où l'ouïe le cède à la puissance triomphatrice de la vue. À preuve, le chaos cacophonique des grandes villes, où la composition du paysage sonore est le dernier des soucis des urbanistes et des gouvernements. Si on cessait de voir nos villes, d'en admirer les façades et la géométrie, et si on les écoutait un peu plus, elles sonneraient comme de véritables égouts de bruits. Cloaques sonores à ciel ouvert où se déversent avec frénésie tous les déchets sonores de nos machines roulantes et volantes, les villes ont été le théâtre d'un vandalisme éhonté, de crimes contre l'ouïe, comme la construction de ces autoroutes qui ruinent à jamais la quiétude des quartiers environnants (pensons à la catastrophe sonore qu'a été l'autoroute Décarie à Montréal). La pandémie vacarmentielle des villes laisse au citadin peu de possibilités d'évasion. Tous les jours, il doit en subir l'épreuve, sur la route, dans le bus et dans le métro. Les rues où il flâne l'assomment de leur rumeur et s'il va au concert, il devra payer son furtif bonheur musical de l'affront du tintamarre urbain. Comme vraie voie d'évasion, il y a bien sûr la campagne. Cependant, les citoyens ne sont pas tous égaux devant le bruit. Les mieux nantis fuient le capharnaüm sonore avec leurs bruyants bolides pour se réfugier dans leur chalet en bordure d'un lac (qui parfois en été, devient lui aussi un enfer avec la surenchère tintamarrifère des hors-bord et des motomarines). Les moins bien nantis végètent dans des appartements mal insonorisés, construits à la hâte par des propriétaires heureux de profiter du laxisme du législateur pour s'enrichir à bon compte.

Le cloaque sonore n'est certes pas propre à la civilisation moderne. La Rome antique étourdissait ses habitants d'un infernal vacarme qui sévissait jour et nuit. Le jour, ses rues se remplissaient d'une animation intense; s'y pressait une foule torrentielle, excitée par les cris des colporteurs et des gargotiers, où résonnaient les leçons récitées à plein vent par les écoliers et les marteaux des chaudronniers. La nuit, s'ébranlaient dans les rues sans lumière les convois des bêtes de somme et de leurs charretiers, auxquels les empereurs interdisaient de circuler le jour. Des poètes comme Martial et Juvénal ont plaint le triste sort du Romain que le transit incessant et le bourdonnement des rues condamnaient à l'insomnie. Avons-nous enregistré quelque progrès sonore depuis les Romains?

Quand la musique se fait bruit

Les Romains, nous dira-t-on, ne possédaient guère de tourne-disque, de lecteur laser, ignoraient tout de la sophistication de nos salles de concert et n'avaient pas de radio ou de télévision pour décorer leur vie domestique. Au bruit qu'elle sécrète à grande échelle, la civilisation moderne offre un contrepoison, une musique rampante et omniprésente, qui joue à toute heure, en toutes situations. C'est la musique flatueuse des ascenseurs et des centres commerciaux, celle qui languit chez le cabinet de dentiste, celle qui nous afflige au téléphone faute de téléphoniste disponible, celle qui bourdonne dans les gymnases et défonce les tympans dans les discothèques ou tout simplement, celle qu'on laisse jouer chez soi, comme bruit de fond qui meuble nos pièces. La musique est aujourd'hui de moins en moins un acte volontaire; elle est de plus en plus subie. La musique commerciale qui gouverne maintenant les lieux publics est une espèce de fluide insipide, jeté là pour tromper l'ennui de ces lieux ou pour masquer des rumeurs parasites. Composée pour créer une "atmosphère", elle enlève plutôt aux lieux qu'elle doit égayer leur vitalité. Au début des années 1960, l'historien américain Daniel J. Boorstin avait remarqué comment la civilisation de l'image poussait la musique à devenir une activité secondaire, servant à accompagner la relaxation, l'amour, le travail, la consommation, etc. La musique devient un "flot homogène et sans fin" qu'on n'écoute plus mais dont on se sert pour remplir nos vides.

Dans le monde désenchanté qui est devenu le nôtre, le peuple ne se presse plus à l'église pour entendre les choeurs psalmodier. Délaissée par ses fidèles qui jadis communiaient avec elle au son des Kyries et des Alléluias, la religion chrétienne entre en concurrence avec une pléiade de sectes et de thérapeutes patentés de l'âme pour capter l'attention d'un peuple incroyant, qui écoute dans son salon des chants grégoriens, des valses viennoises, du Reggae et du Western, Charles Aznavour, Elton John ou les Pet Shop Boys. Pendant des siècles, le christianisme avait enseigné que la spiritualité passait par une alternance de silence et de musique. La vie monastique avait porté à sa perfection cette règle de vie. Elle s'est perdue aujourd'hui. Le recueillement, la prière et le silence paraissent des pratiques surannées; et la musique, émancipée du service religieux, ne connaît plus de mesure pour arrêter de jouer à toute heure grâce au miracle technique des ondes et de la stéréophonie.

Au temps de nos aïeux, le bruit était synonyme de scandale. C'était même la punition dont on affligeait tout membre de la communauté qui en avait enfreint la morale. Ainsi, dans les villages québécois au XIXe siècle, les jeunes gens faisaient devant la maison d'un veuf qui avait épousé une trop jeune femme ou des personnes aux moeurs douteuses un charivari monstre, dont le bruit entachait à jamais la réputation de la victime. Aujourd'hui, le charivari est partout, et la fréquentation des lieux décibelogènes comme les boîtes de nuit techno est devenue un signe de distinction sociale. Quant au scandale, eh bien!, cherchez-le.

Les temples de la sonocratie

Les archéologues qui étudieront dans quelques siècles notre civilisation seront peut-être frappés d'étonnement en tombant sur nos disques, nos appareils acoustiques et ces lieux vides le jour que sont les boîtes de nuit. Peut-être croiront-ils y reconnaître les vestiges d'une religion du bruit. En effet, les danses frénétiques au son du Rock'n Roll, du Dance Music, du Techno et du Rap dans l'atmosphère psychédélique des discothèques hyper-équipées et les méga-concerts dans les stades avec leurs idoles lascives déchaînant une foule en transe ont remplacé les messes comme occasion de communion collective avec la musique. En fait, ce n'est pas tant la musique qu'on célèbre dans ces grands défouloirs extatiques, que la puissance technique du son portée à son paroxysme par des appareils dont le perfectionnement n'a pas de terme et auquel les chanteurs, usant de tous leurs charmes, ajoutent une charge érotique qui subjugue les foules. Ainsi s'affirment les discothèques, les bars et les salles de concert comme les nouveaux temples du bruit, où s'engouffre une jeunesse sacrifiant d'emblée la virginité de ses oreilles au grand dieu Moloch crachotant ses décibels à travers des monolithes hurlants. Ce sont des équarrissoirs des sens, où s'amalgament les sensations et où tous les interdits sont levés. Le délire technique des décibels crée entre les danseurs un écran sonore qui empêche toute véritable communication de se nouer et anesthésie l'ouïe. Cet écran qui abolit la parole donne néanmoins libre cours aux fantasmes. Dans la masse indifférenciée des corps en sueurs assommés par le boum-boum, on joue à touche-pipi, à presse-nichons ou on décroche du monde en sniffant quelque poudre hallucinogène. Le plus souvent, la musique qui est jouée dans ces temples est d'une grande pauvreté. À preuve, pour en mousser la valeur, on la flanque de vidéoclips clinquants et sulfureux et on exhibe sur toutes les tribunes l'image sexy de l'idole. Asservie à l'image, la musique ne vaut que par sa stridence et sa capacité de remplir les tiroirs-caisses. Tous les vacarmistes et pétaradaires qui sévissent dans les boîtes de nuit, les hebdos culturels, les studios de télé et de vidéo vous diront qu'ils officient pour la jeunesse, dont ils soulagent le désarroi. Foutaise que tout cela. L'industrie du décibel est une entreprise beaucoup trop payante pour que l'on baisse le volume. Les gens "in" s'éclatent les oreilles dans des discos, enrichissent les sonocrates de leur argent de poche et se découvrent dans la trentaine des problèmes de surdité. Les gens "out" se mettent des bouchons, se font taxer de ringards ennuyeux et aspirent à l'inaccessible silence.


CLIQUEZ ECOUTEZ Electro


Le rêve impossible d'une écologie sonore

La souffrance causée par le bruit n'est rédemptrice de rien du tout. C'est un flot de non-sens qui enlaidit notre existence et anémie notre sensibilité. Le philosophe Shopenhauer écrivait : «Le bruit est la plus importante des formes d'interruption. C'est non seulement une interruption, mais aussi une rupture de la pensée». Le bruit est plus que l'interruption de la pensée. C'est rien de moins que l'éclipse de l'humanité en nous. Consentir au bruit, que ce soit aux détritus sonores de nos machines ou à la musique «eau de vaisselle» des magasins ou à la fournaise sonore des prytanées du décibel, c'est consentir à la barbarie que notre civilisation technicienne tolère et encourage. L'enfer, c'est le bruit en nous autres.

Les martyrs du bruit sont plus nombreux qu'on croit. Ils souffrent en silence, comme des animaux blessés par l'outrageuse modernité de nos moeurs stridulantes. Bien sûr, les médias, qui sont à l'affût du moindre bruit, font peu de cas de leur malheur, et les scientifiques, si prompts à montrer les effets délétères du tabac ou des hamburgers trop gras, semblent négliger cette cause si universelle de stress. Les physiciens nous annoncent que bientôt la science mettra au point des machines anti-bruit, qui annuleront les effets des ondes décibelogènes. Les souffrances provoquées par la technique trouveront-elles un terme avec elles? Pour avoir la paix, faudra-t-il se promener avec des scaphandres anti-bruit et fonder une association des victimes d'acharnement acoustique, qui intentera à tous les fouteurs de bruit de méchants procès?
Quant à moi, j'estime que le paysage sonore est une dimension aussi importante de l'écologie que le paysage visuel ou la préservation des écosystèmes. Pour en être conscient, il faut tout d'abord muscler sa sensibilité, avoir le courage du silence et savoir dire non aux paillettes brûlantes du bruit. Alors, la vraie musique, celle qui est écoutée dans sa pleine mesure, qui arrive à point et qu'on a eu le temps de désirer, n'en sonnera que meilleure.»
Source
Marc Chevrier, «Lamentations d'un martyr du bruit», L'Agora, vol. 5, no. 1, nov.-déc. 1997.



CLIQUEZ ECOUTEZ, Ambiance à Marrakech








CLIQUEZ ECOUTEZ, Trafic



Le bruit

Dans l'état de civilisation, tous les organes des sens sont plus ou moins protégés contre les contacts brutaux du monde extérieur, tous, un seul excepté, - l'oreille.

On n'a pas le droit de vous toucher sans votre permission, et fussiez-vous la femme de Sganarelle, on vous empêcherait d'être battue.

On pense à vos yeux. C'est à leur intention que les personnes délicates protègent les paysages et veillent, sans y réussir bien souvent, que les monuments s'élèvent selon d'agréables lignes Mais l'intention y est.

On a soin des papilles de votre bouche et l'on veille à ce que leur inconscience ne subisse pas de trop frauduleux contacts.

Votre nez est l'objet de constantes sollicitudes, que la chaleur contrarie souvent, mais les rues sont à peu près nettoyées à votre intention, et purgées de leurs odeurs. Seule, l'oreille a été oubliée.

Contre elle, on dirait que tout est permis. Contre elle on a mis en liberté tous les bruits, qui comme autant de furieux dogues, montent à l'assaut de sa tranquillité. Les pianos, les autos, les gramophones et les cris humains emplissent les rues et les maisons, où le point d'orgue est donné par des tuyauteries qui ont pour but d'amener l'eau, mais surtout de faire de la musique. Il n'y a plus de silence. Les hommes, qui le détestent, ont fini par le tuer. Pour inexplicable que soit cette haine, elle est. Même quand il est seul, l'homme fait du bruit. Il chante. C'est une hantise. Mais peut-être que s'il demeurait silencieux, il s'entendrait penser et qu'il aurait honte. Si parfois on a un instant de répit, le soir, ce n'est qu'un instant. Bientôt monte une voix en dents de scie avec laquelle vient alterner un délicieux solo de phonographe qui imite la foire de Neuilly. Sacrum silentium, disait le vieux moine de jadis, ô silence sacré, où es-tu ? Et dire que si tout le monde était comme moi, on entendrait voler les mouches !


Remy de Gourmont, Petits crayons, Paris, Éditions G. Crès & Cie, 1921







CLIQUEZ ECOUTEZ, Machinations



NOTA BENE : Les textes (et les sons) présentés ci-avant ne rendent pas forcémment compte des idées de l'auteur de Sonoris Causa. Ils sont avant tout présentés dans leurs prises de positions partiales(tout comme parfois celles du rédacteur de Sonoris); partis pris qui peuvent bien entendu amener les lecteurs à se poser des questions, à relativiser, à adhérer, à contester, à douter, à applaudir, à réfuter...

















Par gilles MALATRAY - Publié dans : sonoriscausa
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Jeudi 1 mars 2007 4 01 /03 /Mars /2007 15:53
EN TOUTE QUIETUDE












CLIQUEZ ECOUTEZ Berceuse de Mama Lisa


Do la
do do la
do do la la do la
une petite mélopée
sur une tierce mineure
infiniment balancée
et pourtant si importante
qu'elle est sussurée tout doux
dans toute les langues du Monde
où l'on peut s'endormir.




CLIQUEZ ECOUTEZ Chanson d'endormissement







CLIQUEZ ECOUTEZ Lullaby of Narnia






CLIQUEZ ECOUTEZ, lullaby duet



D' Est en Ouest
du Nord au Sud
des bras joints protecteurs,
des gros calins de bons coeur
des pleurs de fatigue,
ou d'angoisse de l'abandon,
des soupirs d'aise...
et puis plus rien
que le souffle lancinant
de l'enfant endormi,
lullaby sans frontière.



CLIQUEZ ECOUTEZ, Doucement






CLIQUEZ ECOUTEZ, Berceuse


Le son s'étire
sans violence
un brin narquois parfois
ou jonglant nochalemment
avec  l'inconstance du rêve,
l'image flottante de la somnolence;
le son s'étire
aux abords de la nuit
sans violence.



CLIQUEZ ECOUTEZ, Berceuse électro






CLIQUEZ ECOUTEZ Sweet and low


Des anges passent,
ou bien est-ce furtif
un marchand de sable
qui d'une main leste
sème de la poussière de rêve
allourdissant les paupières
jusqu'à les forcer sans rigueur
à se clore enfin,
sans volonté
emprisonnant ainsi
derrière leurs volets refermés
les images mouvantes
au creux  des songes entêtants.


CLIQUEZ REGARDEZ ECOUTEZ, War Lullaby






CLIQUEZ ECOUTEZ Berceuse aigre-douce

















Par gilles MALATRAY - Publié dans : sonoriscausa
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Vendredi 23 février 2007 5 23 /02 /Fév /2007 07:35
DIS MOI OU TU DORS






CLIQUEZ ECOUTEZ VISITEZ, 99 rooms
(Attention, visite intéractive, cliquez où il faut, tâtonnez, mais prenez garde de ne pas vous y perdre...)


Prime ou déprime de logement,
pour avoir un chez-soi,
un toit sur la tête,
un espace de vie intime,
de quoi à meubler ses pensées,
un brin de dignité,
viens chez moi j'habite chez...


CLIQUEZ ECOUTEZ Cherche appart'






Sans foi ni toit
sans toit ni loi
sans toi ni foi
le solitude en prime.


CLIQUEZ ECOUTEZ, Habitant


Posséder ces clés,
clés de la réussite
clés du succès
clés de l'appartement
avec vue sur la vie,
et du chauffage en sus.



CLIQUEZ ECOUTEZ, Logements






CLIQUEZ ECOUTEZ Particulière Vends tentes rouges ...



Foyers sans chaleurs
résidences dans l'urgence,
hôtels dans l'inconfort honteux,
centres d'accueil dans l'anonymat,
squats dans l'abandon,
bidonvilles renaissants,
nouveaux campings urbains,
mais jusqu'où ira se loger
l'indécence d'habiter ?


CLIQUEZ ECOUTEZ, Le mythe décisif  de Bernard Heidsick


















Par gilles MALATRAY - Publié dans : sonoriscausa
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Lundi 19 février 2007 1 19 /02 /Fév /2007 15:45
LA NOUVELLE FABRIQUE DU SONORE



CLIQUEZ REGARDEZ ECOUTEZ, Les hydroauphones



Les machines à sons...
A eau
A air
A vapeur
Sérieux
ludiques
délirants
Les sons se construisent
se détruisent
s'amenuisent
se nuisent
de dénuisent
se denoisent
s'expérientent
Se cherchent des noises
s'amusent
se bricolent
et somme toute,
continuent d'exister,
au gré
de l'eau
de l'air
de la vapeur...



REGARDEZ ET ECOUTEZ, LES VIDEOS Des sons aquatiques, vaporeux, klaxonneurs...


































SOUND SCULPTURE

Créer de la matière sonore pour...
espérer la toucher
S"évader du fauteuil,
libérer l'écoute de  concert,
se mettre en mouvement,
oser participer,
s'abroger de la technologie,
oser de la science,
manier de l'empirique,
friser la déraison,
côtoyer l'exubérance,
imaginer des amalgammes,
maîtriser de l'espace,
éclater des barrières,
Jouer sur l'assemblage,
allier du dissemblable,
fabriquer de l'histoire (sonore)
bricoler pour créer,
ne pas savoir où forcément chercher,
aplanir le préconçu,
user de la dérision,
mais fabriquer du son !













Par gilles MALATRAY - Publié dans : sonoriscausa
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Mercredi 14 février 2007 3 14 /02 /Fév /2007 16:00
ECRISSONOIRS
VOLUME (SONORE) 2





CLIQUEZ ECOUTEZ, Fanfare d'apocalypse

Josué avait donné cet ordre au peuple : Vous ne crierez point, vous ne ferez point entendre votre voix, et il ne sortira pas un mot de votre bouche jusqu'au jour où je vous dirai : Poussez des cris ! Alors vous pousserez des cris...

Les sept sacrificateurs qui portaient les sept trompettes retentissantes devant l'arche de l'Éternel se mirent en marche et sonnèrent des trompettes.

Les hommes armés marchaient devant eux, et l'arrière-garde suivait l'arche de l'Éternel ; pendant la marche, on sonnait des trompettes.

Ils firent une fois le tour de la ville, le second jour ; puis ils retournèrent dans le camp. Ils firent de même pendant six jours.

A la septième fois, comme les sacrificateurs sonnaient des trompettes, Josué dit au peuple : Poussez des cris, car l'Éternel vous a livré la ville 


Le peuple poussa des cris, et les sacrificateurs sonnèrent des trompettes. Lorsque le peuple entendit le son de la trompette, il poussa de grands cris, et la muraille s'écroula ; le peuple monta dans la ville, chacun devant soi. Ils s'emparèrent de la ville

Les trompettes de Jéricho- Bible Josué -Chapitre VI





CLIQUEZ ECOUTEZ, Plainte


Tout à coup, au milieu de l'intimité libre
Éclose à la pâle clarté,
De vous, riche et sonore instrument où ne vibre
Que la radieuse gaieté,

De vous, claire et joyeuse ainsi qu'une fanfare
Dans le matin étincelant,
Une note plaintive, une note bizarre
S'échappa, tout en chancelant

Comme une enfant chétive, horrible, sombre, immonde,
Dont sa famille rougirait,
Et qu'elle aurait longtemps, pour la cacher au monde,
Dans un caveau mise au secret.

Pauvre ange, elle chantait, votre note criarde :
" Que rien ici-bas n'est certain,
Et que toujours, avec quelque soin qu'il se farde,
Se trahit l'égoïsme humain

Confessions de Charles Baudelaire




 

CLIQUEZ ECOUTEZ, Sons de cloches


Et tout à coup, dans le clair de lune, les cloches, en une grappe énorme dans le clocher,
Les cloches au milieu de la nuit, comme d'elles-mêmes, les cloches se sont mises à sonner !
On ne comprend pas ce qu'elles disent, elles parlent toutes à la fois !
Ce qui les empêche de parler, c'est l'amour, la surprise toutes ensemble de la joie !
Ce n'est pas un faible murmure, ce n'est pas cette langue au milieu de nous-mêmes suspendue
qui commence à remuer !

Nuit de Pâques Paul Claudel




CLIQUEZ ECOUTEZ, Composition ornithologique (extrait) de Bernard Fort


Alors, ils partirent dans la forêt, là où Rossignol avait l'habitude de chanter; la moitié des gens de la cour suivit. Tandis qu'ils allaient bon train, une vache se mit à meugler.

"Oh!", dit un hobereau. "Maintenant, nous l'avons trouvé; il y a là une remarquable vigueur pour un si petit animal! Je l'ai sûrement déjà entendu!"

"Non, dit la petite cuisinière, ce sont des vaches qui meuglent. Nous sommes encore loin de l'endroit où il chante."

Puis, les grenouilles croassèrent dans les marais. "Merveilleux!", s'exclama le prévôt du château. "Là, je l'entends; cela ressemble justement à de petites cloches de temples."

"Non, ce sont des grenouilles!", dit la petite cuisinière. "Mais je pense que bientôt nous allons l'entendre!" À ce moment, Rossignol se mit à chanter.

"C'est lui, dit la petite fille. Ecoutez! Ecoutez! Il est là!" Elle montra un petit oiseau gris qui se tenait en-haut dans les branches.

"Petit Rossignol, cria la petite cuisinière, notre gracieux Empereur aimerait que tu chantes devant lui!"


Au château, tout fut nettoyé; les murs et les planchers, faits de porcelaine, brillaient sous les feux de milliers de lampes d'or. Les fleurs les plus magnifiques, celles qui pouvaient tinter, furent placées dans les couloirs. Et comme il y avait là des courants d'air, toutes les clochettes tintaient en même temps, de telle sorte qu'on ne pouvait même plus s'entendre parler.


Le rossignol chanta si magnifiquement, que l'empereur en eut les larmes aux yeux. Les larmes lui coulèrent sur les joues et le rossignol chanta encore plus merveilleusement; cela allait droit au coeur. L'empereur fut ébloui et déclara que Rossignol devrait porter au coup une pantoufle d'or. Le Rossignol l'en remercia, mais répondit qu'il avait déjà été récompensé: "J'ai vu les larmes dans les yeux de l'Empereur et c'est pour moi le plus grand des trésors! Oui! J'ai été largement récompensé!" Là-dessus, il recommença à chanter de sa voix douce et magnifique.

L'empereur et le rossignol Christian Andersen




CLIQUEZ ECOUTEZ, Chants de guerre


Ecoute an loin les branle-bas
Claquer les drapeaux tricolores
Au vent dans le bruit des combats
Qui durent du soir a l'aurore

Poèmes à Lou Guillaume appolinaire






CLIQUEZ ECOUTEZ Harmonie du soir, dit par Pierre Blanchard

Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !

Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Le violon frémit comme un coeur qu'on afllige;
Valse mélancolique et langoureux vertige !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.

Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige,
Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir ;
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.

Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige !
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige...
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir !

Charles Baudelaire

 











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Jeudi 8 février 2007 4 08 /02 /Fév /2007 12:19
SENSUALITE A FLEUR D'OREILLE
J'aime le son du corps,
le soir, au fond des soies...
A ne pas mettre dans tous les tympans !







CLIQUEZ ECOUTEZ, Lettre érotico-poético sensuelle de Victor Hugo


Puritains de l'ouïe,
coincés des osselets,
âmes sensibles écoutantes,
guindés du colimasson,
gênés du sonore jouissant,
censeurs de l'écoute hédoniste,
pudiques de la feuille (d'Adam ?)
Fermez les rideaux de vos oreilles,
quittez cet article son-sensuel
passez votre chemin d'écoute.


CLIQUEZ ECOUTEZ, Vox femina de Valérie Nima





CLIQUEZ ECOUTEZ, Poème érotique de Charles Baudelaire


Quand le souffle s'emballe
que le corps exulte
que les sens en déroute,
sont au bord de l'explosion
et que les sons tourbillonants,
scintillent de jouïssance,
l'orgasme auditif nous guette.

CLIQUEZ ECOUTEZ, l'Erotisme  ?





CLIQUEZ ECOUTEZ, Jouissance intime



Quand la pensée s'égards
en chemins prohibés,
en fantasmes - des lyres,
quand du quotidien anodin,
une image fugitive,
un corps à notre regarg,
un son à notre oreille
plongent l'imagination agile,
dans des interdits gémisants,
l'oreille aussi s'émoustille.


CLIQUEZ ECOUTEZ, Poème érotique de Roger Ballard






CLIQUEZ ECOUTEZ, Plaisirs intimes


Quand la danse triviale
aux feulements bestials,
transe collectivectivement organisée
fait se frotter impudemment
des corps surchauffés,
aux rythmes psychésexiques,
l'hypnose sonosensuelle,
embarque les corps dansants
au bord de la jouissance,
etr parfois au-delà.


CLIQUEZ ECOUTEZ, A moment





CLIQUEZ ECOUTEZ, MGM Hôtel, de Valérie Nimal

Le son dans tous ses états,
de la voix chuchotées,
aux râles partagés,
de l'intime sussuré,
aux vagues incontrôlées,
nous parle sans retenue
sans contrôle parfois,
des plaisirs du corps
sonore jusque dans l'extatique.



CLIQUEZ ECOUTEZ, Sample sensuel










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Mercredi 31 janvier 2007 3 31 /01 /Jan /2007 10:28
UN SUJET QUI SENT LE SOUFFLE









CLIQUEZ ECOUTEZ, Trois souffles


(Manière d'être soufflant)
Du souffle divin
au souffle douleur,
du souffle serein
au souffle angoissé,
Comment respires-tu ?
comment vis-tu ?.


CLIQUEZ ECOUTEZ, La trace du souffle







CLIQUEZ ECOUTEZ, Flute et souffles


(Mythe? créateur?)
Le souffle de l'inspiration;
les muses soufflent à l'oreille et...
de l'oeuvre accomplie,
on en reste soufflé
le souffle court
à bout de souffle.
Emotion...



CLIQUEZ REGARDEZ ECOUTEZ, Encres, piano signes et souffles






CLIQUEZ ECOUTEZ, Blow


(Rythmicité))
Respiration,
pause
inspiration,
apnée,
inhalation,
pause
respiration
pause,
on souffle
apnée
rythme vital
break,
rythme constructif
inspiration
pause
respiration.


CLIQUEZ ECOUTEZ, Jeux vocaux inuits, de la voix des rythmes et du souffle







CLIQUEZ ECOUTEZ, Entrainement à la respiration calme, relaxation


(Bio-logique)
La machine à air
s'époumonne,
du premier cri natal
au dernier cri de râle.
souffle pathologique s'il en fut.
La voix naît dans le souffle,
le son ne manque pas d'air.
Des vents intérieurs,
tempétueux ou zéphyrins,
des cordes engorgées,
naissent  les chants
des voix,  des cris,
 vocalisations bio-logiquement  humaines




CLIQUEZ ECOUTEZ, Des pathologies respiratoires au sthétoscope













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Mercredi 24 janvier 2007 3 24 /01 /Jan /2007 14:51
LA LANGUE QUI JARGONNE,
LE CANDIDE QUI ABANDONNE...


CLIQUEZ ECOUTEZ, un langage en vin...






CLIQUEZ ECOUTEZ un langage qui va bon train


Faut-il qu'une langue qui travaille
aille au jargon ?


CLIQUEZ ECOUTEZ un langage très physique






Des dits d'initiés
morphonétiquement thésauthériques.


CLIQUEZ ECOUTEZ un langage tempétueux






CLIQUEZ ECOUTEZ un langage musical explicité



Langage trop chätié
sera t-il en prime puni ?
Ou  maintiendra t-il
la parole soutenue,
à bout de langues ?



CLIQUEZ ECOUTEZ un langage musical codé






CLIQUEZ ECOUTEZ un langage médicalisé


Jargonnage manu-linga-militari
jargonnage analisartistico-parleur
jargonnage médicolégaliste
jargonnage des milieux autorisés,
et des franges écartées.



CLIQUEZ ECOUTEZ un langage linguisticosémantisé














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