Un blog est, semble t-il un espace d'échange,
contributif,
à la cause sonore,
dans le cas présent.
Ami bon entendant
n'hésite donc pas,
commentaires,
remarques techniques,
dysfonctionnements,
liens inactifs,
adresses à faire passer,
projets à faire connaître,
et tous ce qui peut alimenter
des ressources sonores
seront les bienvenus.
Je restetoute ouïe.
TOUS LES POINTS D'OUIE
Il y a à ce jour 217 articles,
"AUX PUCES SONORES"
Environ des miliiers de sonstous azimut.
n'hésitez pas à fouillez dans ce site fouillis,
et à ouïr au hazard des navigations,
des clics sauvages ou des coups de coeur... Des
COUPS D'OREILLE
IL est cinq heures. L'heure du sonore doux, que l'urbanité n'a pas encore bousculé. Mais déjà, les premiers souffles de sons s'installent, en fins rubans discrets, feutrés. Les premiers forains du marché à portée d'ouïe s'apprètent à prendre le premier café dans un léger tintinabulement de tasses et de couverts, salut à mi-voix, encore ensomeillées. Les oiseaux aussi, éveillés de frais commencent timidement à développer leurs premières mais déjà véloces trilles aériennes, courantes d'arbres en arbres. Les grilles du métro se sont levées dans un roulis métallique, suivies de celles du tabac-journeaux, un peu plus virulantes. Des moteurs attardés, ou tôt levés, ou pas encore couchés, ponctuent l'espace, sans violence. Six heures approchent, les entrechocs des étals montés se précisent, se densifient, les conversations s'enhardissent, la rue sonore reprend peu à peu ses droits, les livreurs s'activent portes battantes et charriots grinçants, les oiseaux vont crescendo les moteurs aussi. Bientôt les premiers crieurs, forains harrangueurs donneront de la voix affirmant leur territoire de chalandise. Le vent automnale siffle dans les branches fait claquer les toiles du marché traine dans des raclements discrets, mais incessants, les feuilles des platanes. Les sons sont encore nets, ciselés, mais bientôt, l'oreille s'y perdra, la ville s'embruitera, sans pour autant perdre son charme auriculaire. Tendez l'oreille, la belle écoute se mérite...
LES CLOISONS SONORES
Que de sons que de gens que d'écoutes. Des acousticiens mesurent sans repos les moindres recoins des vibrations cachées. Des linguistes comparent sans relache les méandres de la langue, oralité comprise. Des physiciens acharnés scrutent les étoiles à l'écoute des infimes molécules sonores des micros phénomènes radioélectriques, des orages magnétiques... Des artistes fabriquent au fil du temps de nouveaux arts sonores de nouvelles installations des radios inventives des brassages de médias... Des techniciens chercheurs améliorent de jour en jour des systèmes d'écoute ou de retransmission pour l'oreille. Mais chacun sa chapelle, chacun dans son pré et les vaches seront bien gardées Mais chacun dans sa tour d'y voir que ses sons. CESSONS !
ECOUTE, ECOUTES
Ecoute l'autre, Ne t'écoute pas trop, écoute la mer, écoute la voix de la sagesse, n'écoute que ton courage, mais celui des autres aussi, écoute dans le vent, écoute le temps qu'il fait, écoute moi, n'écoute pas que moi, écoute la ville, écoute la campagne, écoute les anciens, mais écoute aussi les jeunes, écoute les histoires, méfie toi parfois des histoires, écoute le silence, si tant est qu'il existât; écoute les rumeurs, en les prenant comme telles, écoute les bruits, mais ne pense pas qu'en bruits... Ecoute, écoute, écoute, écoute, écoute encore, écoute sans cesse.
LAISSONS LES SONS
Laissons les sons nous interpeller. Pour ne pas sans recul, tout mettre inconsidéremment, dans le même panier auditif, pour trier raisonnablement le bon son de l'ivraie, pour expliciter les enjeux bioacoustiques, aux oreilles trop candides. Aux oreilles qui ne différencient pas, sans culture sonore a minima le son qui nous informe, de celui qui nous désinforme, en entretenant le brouhaha, en générant insidieusement du fond sonore engluant notre écoute. A contrario de celui qui, émergeant de la masse, ponctue le paysage de parcelles d'identité sonore qu'il nous faudra déchiffrer, qu'il nous faudra protéger, qu'il nous faudra valoriser, pour éviter l'uniformité magmatique et les zones de non droit auriculaire.
Et si Mélisande n'avait pas eu
de si longs attributs chevelus,
et si Péléas n'avait pas eu
un côté fétichiste de la crinière
et si Mélisande ne s'était pas impudente,
emmêlé les mêches provocantes
dans de méchants branchages
avec son obsession quelque peu exhibitioniste
de se coiffer au balcon surexposé
attirant dans ses rêtres échevelant
les prétendants d'obscurs forêts
et si Golaud violent autant que blessé
n'avait pas dans de sombres contrées
tiré Mélisande par les cheveux
l'histoire ne l'aurait-elle pas moins été ?
Et celle de la musique aussi décoiffante ?
Et si Casque d'Or fût moins aguichante,
de sa crinière par trop voyante,
ainsi que la Fille aux cheveux de lin,
et si la mère d'Antoine
n'eut pas supplier son fils
de se faire couper les cheveux
et que Vartan sylvie ne les eut dans le vent
et si Sanson fut né chauve,
que serait-il arrivé dans l'imaginaire capilaire ?
Combien de coiffeurs déboutés,
de ciseaux rebus rouillés,
de tondeuses muettes,
de pellicules non impressionnées....
On ne vas pas innocement
couper les cheveux en quatre,
ni arriver comme eux, sur la soupe
ou en avoir un sur la langue
car il faudrait être de mèche
quitte à percer à jour cet adage
quand à se coiffer en pétard
la chevelure explosivement coléreuse
on risque le crépage de chignon,
si douloureux en Bretagne
Et encore je dirais,
il n'est pas confortable vous en conviendrez,
de se faire coiffer sur le poteau
surtout si à la fin de ce paragraphe
on ne reste que trois pelés et un tondu à friser l'heure fatidique
sans ménager son peigne.
C'est une histoire crâne,
se dressant sur tous ses épis
pour conserver ses racines occiputiennes
évitant ainsi des défoliations chauvesques
mais ne cherchant pas non plus des poux aux démarches rapides
pas très lentes en quelque sorte
histoires de bravoure cheveleresques
aux sons desquels s'abandonnent des têtes
rejetées en arrière et gorges soumises
sur le fil du rasoir à la conversation aiguisée
par des myriades de ragots coiffurieurs
exposées sans coupe sombre.